Situation d’apprentissage : Le populisme

Le populisme

Fonder la vie démocratique sur l’émotion

 

Par Pierre Desprès

De nouveaux dirigeants des grandes puissances mondiales sont qualifiés de populistes, c’est le cas notamment de Donald Trump aux États-Unis, mais aussi de Boris Johnson aux Royaume-Uni et de Jair Bolsonaro au Brésil. Une nouvelle façon de gouverner et d’exercer la démocratie se fait jour. Difficile pourtant de donner une définition claire de cette nouvelle forme de gouvernance de nos sociétés. D’autant plus que le terme est de plus en plus galvaudé et connoté moralement. En d’autres mots, être qualifié de populiste est rarement un compliment. Le journal français Le Monde reconnait la difficulté de définir le terme, mais risque tout de même cette définition.

le populisme (…) repose à la fois sur la vision d’un peuple qui fait bloc face aux élites et sur une promotion du nationalisme. Si l’on s’en tient à une telle définition, le modèle populiste décrit donc à la fois un ordre social et politique — la démocratie directe plutôt que la démocratie représentative, la valorisation des « petits » contre les « gros » (…)

La montée du « populisme » dans nos sociétés, nous oblige à repenser la démocratie traditionnelle. Aujourd’hui, plusieurs leaders mondiaux maintiennent un contact direct et quotidien avec leurs partisans. Ils le font grâce à des technologies de l’information extrêmement efficaces qui permettent de partager des opinions et des états d’âme quasi instantanément avec des millions d’abonnés. Se met ainsi en place une forme de démocratie plus directe qui n’est plus aussi soumise aux règles de la démocratie représentative. On reproche à cette dernière d’être élitiste et bureaucratique, loin des véritables besoins du peuple. De la même façon, on discrédite les médias traditionnels et les journalistes qui y œuvrent en les accusant de fabriquer de fausses nouvelles au service de cette même élite. Ce message anti-élite s’accompagne généralement d’un appel au nationalisme identitaire. Dans certains cas, ce nationalisme s’accompagne d’un rejet du multilatéralisme et des grands organismes internationaux : des dirigeants populistes comme Donald Trump s’en prennent régulièrement à l’ONU, alors que des leaders européens tels que Boris Johnson en Grande-Bretagne et Matteo Salvini en Italie ne cessent de critiquer l’Union européenne, jugée notamment trop laxiste sur les questions d’immigrations. Dans sa dernière campagne électorale, le président américain en appelait à être fiers d’être américains (Proud to be American) en stimulant chez ses électeurs un nationalisme économique fondé sur l’achat chez nous. En Europe et en Amérique, cet appel au nationalisme identitaire est souvent associé à un mouvement anti-migrant. « Les étrangers nous prennent notre travail, nous volent notre identité nationale », scandent des organisations comme le Front national en France.

Il ne faudrait pas en conclure pour autant que le populisme est une idéologie uniquement de droite. On peut très bien s’en prendre aux élites et promouvoir le nationalisme à partir d’une vision de gauche de la société. L’un des chefs de la gauche française radicale, Jean Claude Mélenchon, du mouvement de La France insoumise, se revendique lui-même d’un certain populisme.

trumplepenbolsonaroonu

Quatre leaders politiques associés à l’idéologie populiste : de gauche à droite, Donald Trump, président des États-Unis, Marine Le Pen, dirigeante du Front national en France, Jair Bolsonaro, président du Brésil et Jean-Luc Mélenchon, leader de la gauche française.

Que penser de cette nouvelle forme de gouvernance et de l’idéologie qui la sous-tend ? Quel rôle le populisme est-il appelé à jouer dans les enjeux majeurs qui attendent nos démocraties ? Notamment, quel impact aura cette idéologie politique sur les luttes environnementales ?

Populisme et nouvelles technologies de l’information

Le populisme a pris un sens nouveau avec l’évolution rapide des technologies de l’information qui ont permis à tout un chacun d’exprimer ses opinions et surtout, à fédérer ces dernières à des milliers, sinon à des millions d’autres. Dans cette nouvelle liberté d’expression, l’émotion joue souvent un rôle de premier plan. On exprime maintenant ses états d’âme au quotidien sur les réseaux sociaux notamment à travers ce nouveau langage que sont les émoticônes.

Ces phénomènes ont largement changé la vie politique au sein de nos démocraties. Les chefs d’État ont aujourd’hui des comptes Twitter, ou des équivalents, qui leur permettent de rejoindre directement et instantanément leurs électeurs. De très courtes interventions (Twitter limite à 280 caractères les interventions sur son site) ponctuent l’actualité politique par des réactions où l’émotion fait foi de tout souvent au détriment de l’information et de l’analyse. L’exemple du président des États-Unis, Donald Trump est souvent cité à ce sujet. Le président transmet ses états d’âme au quotidien à des millions d’Américains en des mots souvent sans nuances qui font presque toujours appel aux émotions.

 

twitter

Les tweets du président des États-Unis sont devenus célèbres. Ils jouent un rôle de premier plan dans sa gouvernance. Donald Trump commente l’actualité directement avec les Américains le plus souvent sans avoir consulté ses pairs à la Maison-Blanche.

 

S’adressant au dirigeant de la Corée du Nord, Kim Jong-un, réputé posséder l’arme nucléaire, il twittait le 3 janvier 2018 :

 « Le leader nord-coréen Kim Jong-un vient d’affirmer que le “bouton nucléaire est sur son bureau en permanence” (…) informez-le que j’ai moi aussi un bouton nucléaire et qu’il est BIEN PLUS GROS et bien plus puissant que le sien, et il fonctionne ! »,

Questions

  1. Selon vous, une telle diplomatie en direct sur les réseaux sociaux représente-t-elle certains dangers. Si oui, lesquels ?
  2. Quelles émotions un tel tweet est-il susceptible de stimuler chez les millions d’abonnés au compte du président ?
  3. Selon vous, ce tweet est-il susceptible de stimuler le nationalisme des Américains ? Expliquez.

 

De toutes les émotions qui s’expriment sur les réseaux sociaux, la colère semble souvent remporter la palme. En effet, colère et frustration se déchainent au quotidien sur ces réseaux prenant pour cible, le plus souvent, les élites politiques, mais aussi des groupes ciblés, les femmes, les noirs, les immigrants, etc. Le philosophe italien Giuliano da Empoli se penche sur cette question.

Dans son livre, Les Ingénieurs du chaos, Giuliano da Empoli, raconte la façon dont les experts en marketing web canalisent vers les urnes la colère née sur les réseaux sociaux.

Le populisme ou la colère sous algorithme

thumbnail_Unknown-2

Giuliano da Empoli (1973- ). Écrivain et philosophe, il dirige le think tank italien, Volta.

Longtemps, les « spin doctors »[1] furent les auxiliaires indispensables des politiques. Maîtres des enquêtes d’opinion et de leur interprétation, ils savaient vendre un message à un public pour orienter les votes. Avec l’avènement des réseaux sociaux, nous avons changé d’ère. Ceux qui comptent ne sont plus les « spin doctors », mais les vrais docteurs en sciences informatiques, capables d’exploiter les immenses potentialités politiques du Web. Parmi les premiers à avoir compris ce retournement figurent les dirigeants populistes qui ont embauché des « ingénieurs du chaos » pour canaliser à leur profit la colère populaire contre les élites (…). « Sans eux, les leaders populistes ne seraient jamais parvenus au pouvoir » (…)

Ces experts du marketing web savent utiliser les réseaux sociaux pour mesurer nos habitudes, nos préférences, nos opinions et nos émotions. Grâce aux données recueillies, ils diffusent des messages qui épousent nos préoccupations, même et surtout les plus tranchées et les plus passionnées, car ce sont celles qui seront le plus partagées sur la Toile. « Pour les nouveaux docteurs Folamour[2] de la politique, écrit da Empoli, le jeu ne consiste plus à unir les gens autour du plus petit dénominateur commun, mais, au contraire, à enflammer les passions du plus grand nombre possible de groupuscules pour ensuite les additionner, même à leur insu. Pour conquérir une majorité, ils ne vont pas converger vers le centre, mais joindre les extrêmes. »

Questions

  • Commentez la phrase suivante :« Ceux qui comptent ne sont plus les “spin doctors”, mais les vrais docteurs en sciences informatiques, capables d’exploiter les immenses potentialités politiques du Web. »
  • L’auteur affirme que les opinions les plus tranchées, les plus passionnées sont les plus partagées sur le web. Qu’en pensez-vous ? Y a-t-il une place pour des propos et des émotions plus nuancés sur les réseaux sociaux ?

Il ne faudrait pas en conclure trop rapidement que les réseaux sociaux sont nécessairement les instruments du populisme. Ces réseaux sont aujourd’hui partie prenante de tous les mouvements sociaux et politiques qu’ils soient de droite ou de gauche. Il faut plutôt y voir de nouveaux outils de communication, de nouveaux médias de masse propices à soutenir des dirigeants politiques populistes parce qu’ils permettent de court-circuiter les réseaux traditionnels en s’adressant directement à leurs supporteurs.

Le rôle des médias de masse

Médias est le pluriel du mot latin médium (« moyen »). Il est aussi une abréviation de la locution anglo-américaine mass media, « moyens de communication de masse ». Selon le Larousse, procédé de diffusion de l’information « constituant à la fois un moyen d’expression et un intermédiaire transmettant un message » écrit, sonore ou audiovisuel.

Comprendre les médias

Les concepts clefs pour comprendre les médias selon l’Association for Media Literacy de l’Ontario. Porter particulièrement attention aux points en caractère gras :

  • Les médias sont des constructions. Ils sont des fabrications soigneusement conçues qui reflètent de nombreuses décisions découlant de plusieurs facteurs.

  • Les productions médiatiques proposent des versions de la réalité. (…) Les médias sont responsables de la majorité des observations et des expériences à partir desquelles nous bâtissons notre compréhension du monde et de son fonctionnement.

  • Différents auditoires interprètent les messages médiatiques de façon différente. (…) Chacun de nous y « trouve » des significations , ou en « adapte » le sens selon des facteurs individuels : les besoins personnels et les craintes, les plaisirs et les soucis de la journée, des points de vue liés à des considérations de race ou de genre, le contexte familial et culturel, l’aspect moral, et ainsi de suite.

  • Les messages médiatiques ont des intérêts commerciaux. Le but de l’éducation aux médias est de favoriser la sensibilité aux considérations commerciales exerçant une influence sur les médias ainsi qu’aux moyens utilisés pour agir sur les contenus, les techniques et la distribution.

  • Les messages médiatiques sont porteurs de contenus idéologiques et de valeurs. Les médias grand public véhiculent, explicitement ou implicitement, des messages idéologiques concernant notamment des questions comme les caractéristiques d’une bonne vie, les bienfaits du consumérisme, le rôle des femmes, l’acceptation de l’autorité ou le patriotisme inconditionnel.

  • Les messages médiatiques ont des incidences sociales et politiques. Les médias exercent une grande influence sur l’élaboration des politiques et le changement social. La forme et le contenu sont étroitement associés dans les messages médiatiques. Comme le faisait observer Marshall McLuhan, chaque média possède sa syntaxe propre et codifie la réalité de manière distincte (…).

  • Chaque média est doté d’une forme d’esthétique unique.

Raison et émotion en démocratie

Vivre en démocratie ne se résume pas à voter tous les 4 ans pour élire nos représentants politiques. Au jour le jour, comme citoyen, nous sommes appelés à prendre position sur toutes sortes d’enjeux de société. Participer à la vie démocratique, c’est certainement de donner notre avis sur ces enjeux, mais, plus encore, c’est apprendre à en discuter avec les autres.

Vous êtes convaincu de la nécessité de recycler, de mettre fin aux émissions de GES et même de passer au végétarisme, il vous faudra alors convaincre vos concitoyens du bien-fondé de vos prises de position. Des débats se poursuivent chaque jour sur de telles questions et c’est tant mieux pour notre vie démocratique. L’évolution de nos sociétés se forge dans ces discussions qui vont dessiner les grandes tendances de demain.

Participez-vous à cette vie démocratique ? De quelle façon ? Lorsque vous entendez un point de vue qui s’oppose au vôtre, y réagissez-vous d’une façon émotive ? Rationnelle ? Pour vous, ces discussions font avancer les choses ou au contraire vous les trouvez frustrantes ? Toutes sortes d’émotions peuvent naître lorsque l’on échange avec d’autres sur des sujets controversés. On peut se sentir parfois tolérant, parfois intolérant. Parfois très fiers d’avoir gagné son point, parfois très frustré de ne pas avoir été compris. Il est facile d’apprendre à voter, plus difficile de faire l’apprentissage d’une vie citoyenne engagée.

La philosophe américaine Martha Nussbaum pense que l’on devrait apprendre à l’école dès le tout jeune âge à débattre entre nous des enjeux de société qui nous tienne à cœur. Selon elle, nos émotions sont au cœur de ces discussions et l’on devrait appendre à les cultiver dans nos salles de classe.

thumbnail_Unknown-3

Martha Nussbaum (1947 — ), philosophe américaine, elle s’est intéressée à la place des émotions dans la vie citoyenne, notamment dans Les émotions démocratiques : Comment former le citoyen du xxie siècle ? Flammarion, Climats, 2011.

Toutes les émotions ne sont pas de bons guides. Pour être un bon guide, une émotion doit, tout d’abord, être nourrie par une conception juste de l’événement. Les faits en cause, leur signification pour les acteurs, mais aussi tout ce qui pourrait échapper à la conscience des acteurs ou qu’ils percevraient de manière déformée.
Ensuite l’émotion doit être celle d’un spectateur et pas d’un participant. Cela signifie que nous devons non seulement évacuer réflexivement la situation pour voir si les participants l’ont correctement comprise et ont réagi raisonnablement, nous devons également omettre cette partie de l’émotion qui dérive de notre intérêt personnel pour notre propre bien-être.

 

 

 

smith

Adam Smith (1723-1790). Philosophe anglais, il a développé une éthique des sentiments, notamment dans sa Théorie des sentiments moraux (1749). Nussbaum poursuit dans ce texte la réflexion d’Adam Smith.

La fiction du spectateur impartial vise avant tout à écarter cette portion de la colère, de la peur, etc. qui se concentre sur le moi. Si mon ami souffre d’injustice, je me mets en colère pour lui; mais pour Adam Smith cette colère n’a pas l’intensité vindicative particulière des colères que je ressens à propos de torts qui me sont causés à moi-même. De même, si mon ami pleure la perte d’un être cher, je partage son chagrin, mais non, apparemment, son excès aveugle et paralysant. Pour Smith, cette distinction nous aide à concevoir comment nous devrions nous comporter en citoyens : passionnés par le bien-être des autres, mais sans nous insérer nous-mêmes dans le tableau que nous contemplons avec intérêt.
Il faut maintenant observer que tout au long de cette discussion, Smith utilise la lecture littéraire (et les spectacles théâtraux) pour illustrer l’attitude, et les émotions du spectateur impartial. Smith attache une importance considérable à la littérature comme source d’orientation morale. Son importance vient du fait que la lecture est, de fait, une construction artificielle du spectateur impartial, qui nous conduit de manière agréable à adopter l’attitude qui convient à un bon citoyen et à un juge. »

Martha Nussbaum, L’imagination littéraire et la vie publique, Flammarion, Climat, 2015.

Questions

  • L’auteur affirme que toutes nos émotions ne sont pas nécessairement un bon guide. Qu’en pensez-vous ? Vous arrive-t-il dans certaines situations de regretter d’avoir réagi trop émotivement ? Si oui, l’admettriez-vous facilement dans vos échanges sur les réseaux sociaux ?
  • Quel est l’avantage comme citoyen, selon Smith et Nussbaum, de prendre la position du « spectateur impartial » ? Selon vous, cette posture pourrait-elle contribuer à réduire les sentiments extrêmes de frustration, d’agressivité que l’on retrouve souvent sur les réseaux sociaux ?
  • En quoi l’initiation à la littérature, au théâtre ou à d’autres formes d’art, permet-elle de mieux vivre les sentiments et les émotions qui nous animent dans nos rapports aux autres ?

 

Le populisme et la cause environnementale

Nos dirigeants populistes peuvent-ils jouer un rôle positif dans la lutte pour un environnement plus sain sur terre ? Il n’y a rien dans ce que nous en avons dit du populisme jusqu’ici qui semble l’en empêcher. Mais si nous creusons un peu plus la question, nous verrons que certaines convictions populistes pourraient constituer un frein à cette lutte.

Ne pas s’appuyer sur la science

C’est le leitmotiv de Greta Thunberg depuis qu’elle sillonne le monde dans sa lutte contre le réchauffement climatique : il faut écouter la science, les rapports de nos climatologues et fixer les engagements de nos sociétés en conséquence. Or, la science ne fait pas très bon ménage avec l’idéologie populiste. Les scientifiques sont pour eux, le plus souvent associés aux élites dont il faut se méfier. Les climatosceptiques font légion dans les rangs populistes. Évidemment, les dirigeants populistes ne sont pas les seuls à remettre en doute les conclusions de la science, mais ces derniers ont tendance à le faire plus systématiquement. Pensons au gouvernement brésilien de Jair Bolsonaro qui n’a rien fait pour protéger la forêt amazonienne menacée (considéré par les scientifiques comme le poumon de notre planète) par des feux intentionnellement provoqués ; et que dire, du gouvernement américain de Donald Trump qui fait ouvertement campagne contre la taxation du carbone dans son pays pourtant jugé par les scientifiques comme l’un des moyens les plus efficaces pour lutter contre les changements climatiques.

Gouverner à courte vue

La tendance à gouverner seulement à très cour terme, le plus souvent sous le coup de l’émotion peut aussi constituer un frein à la lutte environnementale. Cette dernière exige que l’on prenne du recul et que nos gouvernements prennent des décisions pour les générations à venir plutôt que pour sa réélection dans l’immédiat. Encore une fois, ce n’est pas l’apanage des gouvernements populistes de gouverner selon l’humeur du moment, mais ils le font plus souvent qu’à leur tour. Le président américain semble gouverner son pays au gré de ses humeurs transmises quotidiennement sur Twitter. On notera qu’il n’est jamais question dans ses tweets de décisions qui engageraient à long terme son gouvernement à partir des connaissances scientifiques que nous détenons.

Donald Trump critique Greta Thunberg, personnalité de l’année du « Time »

The Associated Press

thunberg

La jeune militante environnementaliste Greta Thunberg (2003 —)

WASHINGTON — Le président Donald Trump s’en est pris à la militante climatique de 16 ans Greta Thunberg, jeudi, un jour après qu’elle eut été nommée personnalité de l’année du magazine « Time ».

  1. Trump a qualifié la décision du magazine de « ridicule ».

L’adolescente suédoise est devenue le symbole d’un mouvement croissant de jeunes militants du climat après avoir mené des grèves scolaires hebdomadaires en Suède qui ont inspiré des actions similaires dans une centaine de villes du monde. Elle a attiré de grandes foules avec ses apparitions enflammées lors de manifestations et de conférences au cours de la dernière année et demie.

Dans une publication sur Twitter jeudi matin (12/12/2019), M. Trump a écrit: « Greta doit travailler sur son problème de gestion de la colère, puis aller voir un bon vieux film avec un ami ! »

Il a ensuite ajouté: « Relaxe, Greta, relaxe ! »

(…) M. Trump est le deuxième leader mondial à s’en prendre à Greta Thunberg cette semaine, après que ses propos sur les assassinats de Brésiliens indigènes en Amazonie eurent été vivement critiqués, mardi, par le président de la nation latino-américaine.

« Greta a dit que des Indiens étaient morts parce qu’ils défendaient l’Amazonie », a dit Jair Bolsonaro. « C’est impressionnant que la presse donne de l’espace à une gamine de la sorte », a-t-il ajouté, en utilisant le mot portugais « pirralha ».

Greta Thunberg avait répondu en modifiant sa biographie sur Twitter, où elle compte plus de 3 millions d’abonnés, pour qu’elle indique « pirralha ».

Jeudi matin, elle a à nouveau modifié sa biographie. Elle dit maintenant: « Une adolescente qui travaille sur son problème de gestion de la colère. Actuellement en train de relaxer et de regarder un bon vieux film avec un ami. »

Questions

  1. Qu’ont en commun les critiques des deux présidents à l’égard de la leader environnementaliste ?
  2. Selon vous, ces critiques font-ils appel aux émotions ou à la raison ?
  3. Comment qualifieriez-vous la réaction de Greta Thunberg à ces critiques ?

 

Conclusion

Nous avons tenté de cerner ce qu’était le populiste et l’impact que cette idéologie pouvait avoir sur nos démocraties. Nous avons mis en relief l’importance du recours à un langage émotif dans le discours populiste souvent au détriment d’une argumentation rationnelle.

  1. En vous inspirant, des travaux d’Adam Smith et plus près de nous de Martha Nussbaum, identifiez les aspects positifs et négatifs du recours aux émotions dans des discussions publiques comme celles que l’on retrouve régulièrement sur les réseaux sociaux. Par la suite, répondez aux questions suivantes :
  2. Dans une discussion publique, est-il possible de réagir émotivement aux autres dans une attitude qui demeure éthiquement respectueuse ?
  3. Comment les présidents Donald Trump et Jair Bolsonaro auraient-ils pu faire connaitre leurs critiques à Greta Thunberg d’une manière émotive, mais éthiquement respectueuse ? Reformuler leurs propos.

 

[1] Spin doctors : Ceux dont la profession est d’influencer l’opinion publique sur la personnalité et les faits et gestes d’un homme politique par des techniques de communication (Le Monde, oct. 2016.)

[2] Docteur Folamour : Ce savant fou associé au régime nazis fait référence au film satyrique du même nom de Stanley Kubrik (1964).



Catégories :2019-2020 : Notre époque donne-t-elle le goût de rêver?, Boîte à outils, Non classé, Situations d'apprentissage

Laisser un commentaire

Pour oublier votre commentaire, ouvrez une session par l’un des moyens suivants :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueueurs aiment cette page :