Notre époque donne-t-elle le goût de rêver? Différentes manières de percevoir la suite

QUELLE ATTITUDE AVOIR FACE À L’ÉTAT DU MONDE ACTUEL?

  • LE NÉGATIONNISME

 Il s’agit de la première attitude possible face à l’état du monde actuel. En particulier, sur la question du réchauffement climatique, elle correspond à la position des climatosceptiques. Ainsi, on nie ou minimise l’idée même du réchauffement climatique ou on remet en question le rôle joué par l’activité humaine dans ce phénomène. Bien entendu, si on ne reconnaît pas le problème, il n’y a absolument rien à faire ou à changer.

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    Le plus célèbre des climatosceptiques étant le Président des États-Unis, Donald Trump, qui a affirmé ne pas croire au réchauffement climatique allant même jusqu’à dire que c’était « un concept inventé par les chinois. ».

La position négationniste est partagée par une bonne proportion des Canadiens. En effet, selon un sondage CROP, le quart de la population canadienne serait climatosceptique!bandicam 2019-12-04 11-42-09-697

Comment réagir face à cette position? Par exemple, les médias devraient-ils recueillir les opinions des climatosceptiques dans un souci de neutralité journalistique? Le magazine L’actualité s’est penché sur cette question.

 

  • LE DÉFAITISME

decouragement-300x300Le défaitisme, selon le Larousse, c’est « l’état d’esprit de ceux qui ne croient pas à la victoire et qui préconisent l’abandon du combat. » Face aux nombreux rapports présentant un avenir extrêmement sombre se profilant devant nous et face à l’inaction des différents gouvernements, plusieurs en viennent à se dire qu’il n’y a plus rien à faire. Le chroniqueur de La Presse illustre parfaitement cette attitude dans sa chronique du 29 août 2018 dans laquelle il affirmait ceci :

1290952-patrick-lagace«Je crois au réchauffement climatique. Je crois que c’est à cause de l’activité humaine.

Mais je ne crois pas qu’on puisse y faire quoi que ce soit. Voilà.

Je ne crois pas du tout que sept milliards et demi d’êtres humains puissent changer radicalement de mode de vie, de notre vivant, pour stopper le réchauffement climatique.(…)

Je crois donc au réchauffement climatique. Je crois que l’activité humaine en est principalement responsable. Je crois que le réchauffement climatique est un danger immédiat.

Mais je ne crois pas qu’on puisse renverser la vapeur, je ne crois pas que l’humanité soit calibrée pour se libérer du carbone assez urgemment pour qu’on sauve nos fesses.  Nous sommes cuits. »

 

  • LE « RÉALISME »

Cracked Soil With Little PlantTout en reconnaissant la gravité de la situation et le peu de temps qu’il reste pour procéder à des changements importants, certains vont défendre une attitude que nous pourrions qualifier de « réaliste ». Ils rejettent un certain optimisme voulant que nous puissions préserver notre mode de vie actuel, mais refusent de sombrer dans un pur défaitisme. Bref, il est trop tard, les conséquences sont déjà là, le monde ne sera plus jamais le même, mais nous pouvons encore agir pour sauver ce qu’il reste à sauver. Jonathan Franzen, romancier et essayiste américain, pourrait possiblement entrer dans le camp des « réalistes ». Il a récemment écrit un brulot dans le New Yorker intitulé : « What if we stopped pretending? » dans lequel il affirme qu’il est déjà trop tard. Cependant, il termine son texte par une relative espérance en un nouveau mode de vie axé sur la proximité :

jonathanfranzen-750« Il peut arriver un moment, plus tôt que chacun d’entre nous aime à le penser, où les systèmes de l’agriculture industrielle et du commerce mondial s’effondrent et où les sans-abris sont plus nombreux que les personnes qui ont un logement. À ce moment-là, l’agriculture locale traditionnelle et les communautés fortes ne seront plus seulement des mots à la mode des progressistes. La gentillesse envers les voisins et le respect de la terre (…) seront essentiels dans une crise et dans toute société qui y survit. (…) l’avenir, bien qu’il soit sans doute pire que le présent, pourrait aussi, d’une certaine façon, être meilleur. Mais surtout, cela me donne de l’espoir pour aujourd’hui. »

 

  • L’OPTIMISME HUMANISME

Image1Il est de bon ton (en particulier dans les milieux intellectuels) d’être pessimistes. De dire que rien ne va plus, que tout va mal. Cependant, certains refusent cette attitude néfaste. D’autant plus qu’elle serait contraire à la réalité. En effet, nous sommes constamment exposés, par les médias, aux catastrophes, aux guerres, à la violence et à toute une panoplie d’histoires épouvantables suscitant l’indignation. Rarement entend-on parler de ce qui s’améliore, du progrès. Pourtant, l’histoire nous montre que l’être humain, par l’entremise de la raison, a toujours réussi, à travers le temps, à innover et à trouver de nouvelles solutions aux problèmes auxquels il a été confronté. On pourrait même dire que les choses s’améliorent sans cesse. C’est le point de vue que défend le psychologue Steve Pinker. Il explique, dans différents ouvrages, à l’aide d’une compilation de données impressionnantes comment l’humanité a progressé à travers le temps. Ainsi, face à l’état du monde actuel et l’urgence d’agir face au réchauffement climatique (qu’il ne conteste pas), il croit que l’être humain va continuer à utiliser sa raison pour trouver des solutions et améliorer son sort :

HPAP33-e1524259306636« En même temps, le progrès ne signifie pas que tout va toujours mieux pour tout le monde, où qu’il se trouve. Ce ne serait pas le progrès. Ce serait un miracle. Le progrès n’est pas un miracle, il est le résultat de la résolution de problèmes. Les problèmes sont inévitables et les solutions qu’on leur apporte créent de nouveaux problèmes qui doivent être résolus à leur tour.C’est pour cela que certains aspects de la vie peuvent s’améliorer tandis que d’autres non, voire régressent.(…)

Puisque le progrès ne signifie pas que le monde soit parfait, mais seulement qu’il est en meilleur état qu’avant, le reconnaître ne signifie pas être indifférent aux souffrances bien réelles de nos contemporains, ni aux menaces bien réelles auxquelles l’humanité continue de faire face. Et cela ne veut certainement pas dire que nous devons cesser de nous inquiéter parce que tout se passera bien. La tournure que prendront les choses à l’avenir dépend entièrement de ce que nous faisons aujourd’hui.(…)

Mais si l’utilisation de la raison et de la science pour améliorer la situation des gens a réussi dans le passé, aussi partiellement et incomplètement que ce fut le cas, la réponse appropriée est d’approfondir notre compréhension du monde et d’améliorer et de mobiliser nos institutions pour améliorer encore davantage la situation des gens. »

« Quelques réflexions sur Le triomphe des Lumières », Contrepoints.

 



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