Situation d’apprentissage. Choisir son orientation sexuelle. Droits des LGBTQ2+ et violence politique.

0d8e9ad9-a95b-4297-99fd-d5bc1944e4f3Peut-on choisir librement son orientation sexuelle sans devoir faire face à de la discrimination ? Les droits des personnes LGBTQ2+ (Lesbienne, Gai, Bisexuel.le, Transgenre, Querr, (2) bispirituel et (+) toutes autres orientations sexuelles) sont loin d’être protégés partout dans le monde. Encore aujourd’hui, dans certains pays, ces personnes peuvent être condamnées à mort pour leur orientation sexuelle. Cette discrimination s’accompagne aussi de différentes formes de violence politique. Il y a à peine deux ans, l’attentat du groupe État islamique (ÉI) dans une boîte de nuit de la Floride fréquentée par des personnes LGBTQ2+ a fait 49 morts.

Le contexte

Lorsque l’on remonte dans l’histoire de l’humanité, on constate que presque toujours l’hétérosexualité a été la norme. Les autres orientations sexuelles ont le plus souvent été considérées comme des déviations plus ou moins pathologiques. Lesbiennes et gais ont été ostracisés au point où certaines sociétés sont allées jusqu’à les faire condamner à mort par leurs tribunaux. Cette situation perdure encore aujourd’hui dans un grand nombre de pays.

État des législations nationales concernant l’homosexualité dans le monde

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Quelques précisions sémantiques

Dans les dernières décennies, la diversité grandissante d’orientations sexuelles a donné lieu à un nouveau vocabulaire dont il est utile de préciser le sens. Pour les définitions qui vont suivre, nous nous référons au Conseil québécois des LGBT du Québec et aux commentaires de sa présidente, Marie-Pier Boisvert.

Identités et genres

  • Le sexe assigné à la naissance est déterminé par un.e médecin par un examen sommaire des organes génitaux externes, qui coche la case M (sexe masculin) ou la case F (sexe féminin) sur l’acte de naissance du bébé. Cette décision du médecin devient la mention du sexe légale de la personne sur son certificat de naissance.
  • La mention de sexe est un terme légal pour référer au genre d’une personne dans un document en fonction de ce qui est indiqué sur le certificat de naissance. Cette mention peut correspondre ou non à l’identité de genre de la personne. Au Québec, la mention du sexe classifie les personnes selon deux catégories de genre, soit homme ou femme, ce qui ne tient pas compte des personnes non binaires.
  • L’identité de genre est le genre auquel une personne s’identifie sans égard à son sexe assigné à la naissance (…)
  • Le genre est un continuum généralement entendu comme ayant deux pôles, masculin et féminin, mais toutes les nuances entre ces deux pôles sont aussi possibles, personnelles et légitimes.

Les orientations sexuelles

L’acronyme LGBT s’est allongé ces dernières années. Différentes variantes de l’acronyme manifestent l’intention d’inclure toutes les orientations sexuelles.

LGBT : Pour lesbienne, bisexuel, gai et trans.

LGBTQ :Inclut les précédents et queer. En anglais, le « Q » signifie aussi « questioning », c’est-à-dire un questionnement quant à l’orientation sexuelle, l’identité ou l’expression de genre.

LGBTQ2+ : Inclut les précédents en ajoutant « bispirituel » (le 2) et quantité d’autres possibles (le +) : agenre, asexuel, « gender queer », pansexuel, etc.

Lesbienne La plupart des femmes attirées par les femmes sur les plans amoureux et sexuel se disent lesbiennes. « Peu de femmes utilisent le terme homosexuel, précise Marie-Pier Boisvert. Quelques-unes disent gaie. » Mettre de l’avant le terme « lesbienne » a été important pour faire valoir les besoins et les différences des homosexuelles, qui ne sont pas forcément les mêmes que ceux des autres femmes ou des homosexuels (…)

Gai Un gai est un homme attiré par les hommes sur les plans amoureux et sexuel (…). Mettre de l’avant le mot « gai » a été une façon de revendiquer positivement leur orientation sexuelle pour bien des hommes puisqu’« homosexuel » a longtemps eu une connotation péjorative, en ce sens qu’il renvoyait à une époque où aimer une personne du même sexe était perçu comme une maladie mentale (…)

Bisexuel « Ce mot, à la base, désigne une personne qui peut être attirée par les hommes et les femmes sur les plans amoureux et sexuels », explique Marie-Pier Boisvert. Or, il suscite des critiques puisqu’il prend appui sur le fait qu’il n’y aurait que deux sexes, ce qui ne fait pas l’unanimité dans les communautés LGBTQ (…)

Queer Sans équivalent convaincant en français — allosexuel ou altersexuel demeurent peu utilisés —, queer n’est pas un synonyme de bisexuel. Ce terme, comme bien d’autres étiquettes qui ont à voir avec l’expression de genre et l’orientation sexuelle, a aussi été porteur de différents sens et symboles, selon les époques. « Ce qu’il signifie, c’est qu’une personne n’adhère pas à l’idée qu’on tombe amoureux d’un sexe en particulier, mais d’une personne », dit Marie-Pier Boisvert (…)

Bispirituel En résumé, bispirituel est l’équivalent de queer, mais dans les communautés autochtones. Ailleurs au Canada, des organismes LGBTQ ajoutent d’ailleurs « 2 S » (pour « two-spirit ») à la fin de l’acronyme pour intégrer ces personnes. Marie-Pier Boisvert explique que, autrefois, ces gens « étaient considérés comme des personnes de très grande valeur, capables de comprendre à la fois la réalité des hommes et des femmes ». « Comme cette non-binarité était inscrite dans leur for intérieur, on leur attribuait des rôles particuliers, poursuit-elle. C’était célébré à une certaine époque [dans les communautés autochtones]. » (…)

Transgenre Transsexuel et transgenre sont des mots qui « bougent beaucoup » et qui « ont évolué très rapidement depuis 30 ans », précise d’abord Marie-Pier Boisvert. Transgenre désigne une personne « qui ne s’identifie pas au genre qui lui a été assigné à la naissance ». Il ne faut pas en conclure que ces gens ont automatiquement le sentiment d’être nés dans le mauvais corps. « Beaucoup de personnes trans sont très à l’aise dans leur corps, mais ne sont pas à l’aise avec le fait de devoir s’identifier à un sexe en particulier, nuance-t-elle. C’est l’étiquette qui vient avec leur corps qui ne convient pas. »

Transsexuel La définition de base du mot transsexuel c’est : personne qui a fait un changement de sexe. « Une personne assignée garçon à la naissance et qui, maintenant, est une femme en faisant un changement de nom et de statut légal », précise Marie-Pier Boisvert (…)

Trans Plutôt que d’utiliser transsexuel ou transgenre, Marie-Pier Boisvert suggère plutôt le terme « trans », tout court qu’elle juge plus inclusif. « Il intègre toutes les personnes non binaires, c’est-à-dire celles qui ne s’affichent ni comme homme ni comme femme. Ou les deux. Ou entre les deux. Alors quand on parle d’une personne trans, c’est un terme parapluie qui peut désigner toutes ces personnes. »

Les droits des LGBTQ2+

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En 1482, le chevalier Richard Pullerde Hohenbourgfut brûlé sur la place publique à Zurich avec son valet Anton Malzler pour avoir pratiqué la sodomie.

La reconnaissance des droits des LGBTQ2+ est relativement récente. Il n’y a aucune mention de l’orientation sexuelle dans la Déclaration des droits de l’homme de l’ONU de 1948. Plutôt que de voir l’orientation sexuelle comme un choix légitime, on a eu tendance tout au long du vingtième siècle, à considérer comme pathologique toute orientation sexuelle qui n’est pas hétérosexuelle. Ce n’est qu’à la fin du vingtième siècle (1990) que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) cessa de considérer l’homosexualité comme une maladie mentale. On perpétuait ainsi une tradition millénaire qui condamne plus ou moins toutes les formes d’orientation sexuelle qui s’éloignent de l’hétérosexualité.

Le Canada sera l’un des premiers pays à décriminaliser l’homosexualité en 1969. Le ministre de la Justice d’alors Pierre Elliott Trudeau, le père de l’actuel premier ministre du Canada, modifia le Code pénal pour l’harmoniser avec l’évolution des valeurs des Canadiens et des Canadiennes de l’époque. Pierre Elliott Trudeau affirmait alors que « l’État n’avait rien à faire dans la chambre à coucher des Canadiens ».

En 2005, notre pays franchissait un pas supplémentaire en reconnaissant la valeur légale d’un mariage civil entre personnes du même sexe. Depuis 2005, vingt-cinq pays dans le monde reconnaissent le mariage des personnes du même sexe. En 2017, le premier ministre canadien Justin Trudeau a fait des excuses officielles au nom de tous les Canadiens à la communauté LGBTQ2+.

 

Libéralisme et orientation sexuelle

La loi canadienne sur les droits de la personne reconnaît le droit de choisir librement son orientation sexuelle et considère illicite toute discrimination fondée sur cette dernière.

3 (1) Pour l’application de la présente loi, les motifs de distinction illicite sont ceux qui sont fondés sur la race, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, l’âge, le sexe, l’orientation sexuelle, l’identité ou l’expression de genre, l’état matrimonial, la situation de famille, les caractéristiques génétiques, l’état de personne graciée ou la déficience.

Cela signifie que l’État canadien et la société civile canadienne doivent tout mettre en œuvre pour que le citoyen qui choisit une orientation sexuelle minoritaire comme c’est le cas des LGBTQ2+ ne subisse aucune forme de discrimination. Cette liberté de choix renvoie à une valeur fondamentale des sociétés démocratiques : le respect des libertés individuelles.

Le libéralisme est l’idéologie politique à la base de cette conviction. Cette conception politique repose sur l’idée que tous les êtres humains possèdent des droits fondamentaux qu’aucun pouvoir n’a le droit de violer. Le philosophe anglais John Locke (1632-1704) est l’un des penseurs les plus connus de cette doctrine politique.

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Inspiré par la tradition libérale naissante, le philosophe libéral anglais, Jérémie Bentham (1748-1832), se porta à la défense des homosexuels dès la fin du 17siècle. Ce philosophe est un utilitariste qui juge de la moralité de nos actes à partir des conséquences que ces derniers peuvent avoir sur les autres. Ainsi cette théorie éthique soutient qu’une action est bonne si elle favorise un plus grand bien-être collectif. Les utilitaristes considèrent que tous les individus qui peuvent ressentir du plaisir ou du déplaisir doivent être tenus en compte lorsque l’on apprécie le degré de bien-être collectif d’une société. Les philosophes anglais du 19esiècle Jérémy Bentham et John Stuart Mill sont les principaux penseurs à l’origine de cette conception éthique.

Bentham rappelle dans ses écrits qu’ils ne voient rien de répréhensible à l’homosexualité puisqu’elle n’a aucune conséquence négative sur le bonheur d’autrui. Il écrit dans Délits contre soi-même : la pédérastie:

(…) « Pour ce qui est de quelque mal primaire, il est évident que ce délit ne cause de mal à personne. Au contraire, il est source de plaisir, et, de par le goût perverti de certains, d’un plaisir qui est par cette supposition même, préféré à ce plaisir généralement tenu pour le plus grand de tous. Les partenaires sont tous deux consentants. Si l’un des deux n’est pas consentant, l’acte n’est pas celui que nous voulons considérer ici : il s’agit d’un délit totalement différent de par la nature de ses effets. C’est une atteinte à la personne, une sorte de viol. » (….)

Jeremy Bentham, Défense de la liberté sexuelle, écrits sur l’homosexualité, éditions Mille et une nuit, 2004, p.9

Question

  • Selon vous, l’argument de Bentham à l’effet que l’homosexualité n’est pas répréhensible parce qu’elle ne fait de mal à personne est-il acceptable ? Pourrait-on appliquer le même critère à toutes autres orientations sexuelles ? En d’autres termes, selon vous, y a-t-il d’autres critères moraux qui devraient être tenus en compte ?

Harvey Milk

Ces principes libéraux et utilitaristes n’ont toutefois pas empêché plusieurs sociétés démocratiques de limiter et même parfois de nier les droits des minorités LGBTQ2+.

Pour ne donner qu’un exemple, on peut rappeler l’assassinat en 1978 du conseiller municipal Harvey Milk à San Francisco. Militant de la cause des homosexuels dans sa ville, son assassinat sera considéré comme un crime homophobe par la communauté gaie américaine. Milk est aujourd’hui considéré comme un héros de la cause des homosexuels aux États-Unis. Le film Milk de Gus Van Sant (2008) témoigne du combat mené par ce politicien hors du commun, joué par Sean Penn (bande-annonce du film).

Choisir son orientation sexuelle

Peut-on véritablement choisir son orientation sexuelle ?Ce débat a momentanément refait surface à la suite des attentats contre un bar LGBTQ2+ de Floride en 2016. Le président de la France, François Hollande, manifestait alors sa sympathie aux victimes en affirmant sur Twiter soutenir « la liberté de choisir son orientation sexuelle ». Après un tollé de protestation, le président modifiait quelques heures plus tard son message en défendant cette fois « la liberté de vivre son orientation sexuelle ». Plusieurs membres des communautés LGBTQ2+ s’étaient offusqués d’entendre leur président affirmer que l’on pouvait choisir librement son orientation sexuelle dans une société française qui continuait d’ostraciser les minorités.

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Le psychologue américain J. Michael Bailey de l’université américaine Nortwestern

Au-delà de la question du respect des droits de ces diverses minorités, certains ont contesté le fait que l’orientation sexuelle d’une personne puisse faire l’objet d’un véritable choix. C’est le cas du psychologue américain J. M. Baily qui affirme qu’il existe une prédisposition génétique à l’homosexualité et, qu’à ce titre, on ne peut pas véritablement soutenir que l’on peut choisir son orientation sexuelle.

Choisissons-nous véritablement notre orientation sexuelle ou, au contraire, sommes-nous déterminés par des facteurs physiologiques, sociologiques, etc. qui s’imposent à nous et ne nous laissent en quelque sorte sans véritable possibilité de choisir. On dira alors que nous sommes déterminés dans notre orientation par des facteurs qui échappent à notre volonté. Cette question renvoie à ce que nous sommes fondamentalement. Les sciences humaines et la philosophie s’y sont intéressées.

Le débat dans les sciences humaines

Un bilan des savoirs sur cette question vient d’être publié. Conclusion : l’attirance homosexuelle n’a rien d’un choix.

L’orientation sexuelle n’est pas un choix. Telle est aussi la thèse défendue par le psychologue J. Michael Bailey, professeur à la Northwestern University et spécialiste de la question. Pour lui, être homosexuel est un droit, pas vraiment un choix. Sinon pourquoi tant d’homosexuels persécutés dans le monde feraient-ils un choix aussi dangereux ? Et pourquoi certains continuent à cacher leur préférence comme une maladie honteuse ?

J.M. Bailey pense avoir démontré qu’une composante génétique prédispose à telle ou telle orientation sexuelle : ses études sur les jumeaux homosexuels — et monozygotes — semblent attester qu’une spécificité repérée sur un gène pourrait avoir un rôle déterminant dans l’orientation sexuelle.

J.M. Bailey a été choisi par l’APA (American Psychological Association) pour diriger un bilan des connaissances sur cette question.

Voici quelques-unes de ses conclusions.

Dans toute culture, souligne le rapport, un petit pourcentage de gens éprouvent des attirances « non hétérosexuelles » qu’il ne faut donc pas confondre avec leur expression sociale qui varie beaucoup selon les normes en vigueur de chaque société.

Des « évidences scientifiques » suggèrent que des facteurs biologiques, incluant des influences hormonales ou des profils génétiques, contribuent à l’orientation sexuelle, bien qu’ils ne soient pas les seules causes. Par ailleurs, des études contredisent l’idée que l’orientation sexuelle puisse être acquise d’une manière ou d’une autre : les enfants adoptés par des couples homos, par exemple, ne manifestent pas de plus grande préférence homosexuelle que le reste de la population.

Selon les auteurs du rapport, ces premières conclusions font consensus parmi les chercheurs. Mais d’autres questions sont plus controversées. Alors que J. M. Bailey décrit l’orientation sexuelle comme clairement polarisée (entre gai, lesbienne, hétérosexuel, bisexuel), certains chercheurs comme Ritch Savin-Williams, autre spécialiste de la question, soutiennent que l’orientation sexuelle est plutôt distribuée selon un continuum.

La question de savoir si les gens peuvent choisir ou non leur orientation sexuelle est abordée à la fin du rapport. À ce sujet, les auteurs distinguent nettement l’attirance sexuelle et les pratiques réelles, la première ne concordant pas toujours. L’attirance étant fondée sur le désir, il n’est pas vraiment possible de « choisir » ses désirs. Selon J.M. Bailey, la question sensible du « choix » est faussée par une confusion entre les positions morales et les connaissances scientifiques (…)

Jean François Dortier, Sciences humaines, août-septembre 2016.

Questions

  1. Dans le premier paragraphe, J-M Bailey affirme que le fait que les homosexuels sont persécutés et doivent souvent cacher leur orientation sexuelle parce qu’ils en ont honte montre que l’on ne choisit pas son orientation sexuelle. Selon vous, ces arguments sont-ils pertinents ? Expliquez.
  2. Quel argument scientifique J-M Bailey avance-t-il pour soutenir que l’orientation sexuelle d’une personne ne constitue pas un choix ?
  3. J-M Bailey affirme que« la question sensible du “choix” est faussée par une confusion entre les positions morales et les connaissances scientifiques ».Selon vous, peut-on faire des choix libres qui ne découlent pas automatiquement de nos attirances sexuelles ?

Et en philosophie

L’un des premiers courants philosophiques du vingtième siècle à reconnaître l’homosexualité comme un choix personnel et non le résultat d’une pathologie est l’existentialisme. Au cœur de cette philosophie, on trouve une définition de l’être humain fondée sur le libre choix et l’authenticité.

Unknown-4Simone de Beauvoir fut l’une pionnière du féminisme en Europe. Elle refusait l’idée que le corps de la femme la condamne pour toujours à se soumettre aveuglément à son rôle de mère. La femme n’est pas et ne doit pas être déterminée par son anatomie. De la même façon, elle refusa de considérer l’homosexualité comme le résultat d’une pathologie. Elle écrit dans Le deuxième sexe :

« En vérité, l’homosexualité n’est pas plus une perversion délibérée qu’une malédiction fatale. C’est une attitude choisie en situation, c’est-à-dire à la fois motivée et librement adoptée. Aucun des facteurs que le sujet assume par ce choix — données physiologiques, circonstances psychologiques, histoire psychologique, circonstances sociales — n’est déterminant encore que tous contribuent à l’expliquer. C’est pour la femme une manière parmi d’autres de résoudre les problèmes posés par sa condition en général, par sa situation érotique en particulier. Comme toutes les conduites humaines, elle entraînera comédies, déséquilibre, échec, mensonge ou, au contraire, elle sera source d’expériences fécondes, selon qu’elle sera vécue dans la mauvaise foi, la paresse et l’inauthenticité ou dans la lucidité, la générosité et la liberté ».

Simone de Beauvoir, Le deuxième sexe, Idées/Gallimard, tome 1, 1949, p. 510.

Questions

  1. Que pensez-vous de cette affirmation de Simone de Beauvoir à l’effet que l’homosexualité est une attitude choisie en situation, c’est-à-dire à la fois motivée et librement adoptée.
  2. À partir de la lecture des deux textes précédents, considérez-vous que l’orientation sexuelle est le résultat d’un choix ? Dans votre réponse, définissez la notion de liberté.


Catégories :2018-2019: Identités, liberté et violence politique, Situations d'apprentissage

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