Situation d’apprentissage. Le FLQ au Québec. Violence politique et crise identitaire

Par Pierre Després

Un peu d’histoire

images-1Fondé en 1963, le FLQ (Front de libération du Québec) est une organisation clandestine qui regroupe plusieurs cellules autonomes qui prônent l’insurrection armée afin de faire du Québec un État indépendant et socialiste. Pendant plusieurs années, le FLQ a utilisé des actions violentes (vols à main armée, attentats à la bombe et enlèvements) pour réaliser son objectif.

La Crise d’octobre 1970 peut être considérée comme le point culminant des actions de ce groupe terroriste. Le 5 octobre 1970, le FLQ enlève le commissaire commercial britannique, M. James Richard Cross puis le 10 octobre, il enlève le vice-premier ministre et ministre du Travail du gouvernement libéral du Québec, M. Pierre Laporte. Le 16 octobre, le gouvernement canadien, à la demande du gouvernement du Québec, proclame la Loi sur les mesures de guerre et suspend ainsi certaines libertés civiles au Québec afin, dit-il, d’assurer la sécurité et l’ordre dans la province de Québec. Le 17 octobre, le FLQ annonce la mort de Pierre Laporte.

La loi sur les mesures de guerre et les droits individuels

La Loi sur les mesures de guerre a été adoptée en 1914 par le Parlement canadien suite au déclenchement de la Première Guerre mondiale. Avant 1970, cette loi n’avait jamais été appliquée en temps de paix. Elle confère au gouvernement canadien des pouvoirs exceptionnels qu’il peut utiliser à « raison de l’existence réelle ou appréhendée de la guerre, d’une invasion ou insurrection », et qu’il juge nécessaire ou à propos « pour la sécurité, la défense, la paix, l’ordre et le bien-être du Canada. ». Au nombre de ces pouvoirs, le gouvernement peut

  • limiter le droit à la protection contre les arrestations, les détentions, les fouilles et les saisies abusives ou arbitraires, le droit à un avocat;
  • censurer, contrôler et supprimer des publications, des communications et des moyens de communication;
  • réglementer ou interdire les assemblées publiques ;
  • prendre possession sans permission, contrôler, confisquer et disposer de biens et de leur usage;
  • Limiter et contrôler la circulation des personnes et des biens.

En 1970, plus de 450 personnes ont été arrêtées en vertu de cette loi. La grande majorité des personnes arrêtées et emprisonnées n’avaient aucun lien avec le FLQ.

En 1988, la Loi sur les mesures d’urgence a remplacé la Loi sur l’ordre public (pouvoirs d’urgence provisoires) de décembre 1971 qui renfermait essentiellement les mêmes dispositions que la Loi sur les mesures de guerre.

Questions

  1. Basez-vous sur la Déclaration canadienne des droits pour dire quelles sont les libertés suspendues par la Loi sur les mesures de guerre.
  2. Quelles valeurs le gouvernement canadien évoque-t-il pour adopter de telles mesures exceptionnelles ?
  3. Dans le cadre d’une société libre et démocratique, est-il raisonnable d’adopter une loi comme celle sur les mesures de guerre ? Justifier votre réponse. Si oui, devrait-on limiter les pouvoirs du gouvernement ? Comment ?

Le manifeste

Pendant la Crise d’octobre, le FLQ exigea que son manifeste politique soit lu pendant le téléjournal télévisé de Radio-Canada. Le manifeste fut lu par le lecteur de nouvelle Gaétan Montreuil, le 8 octobre 1970.

Télédiffusion du manifeste du FLQ

Front de libération du Québec – Manifeste

unknownLe Front de libération du Québec n’est pas le messie, ni un Robin des bois des temps modernes. C’est un regroupement de travailleurs québécois qui sont décidés à tout mettre en œuvre pour que le peuple du Québec prenne définitivement en mains son destin.

Le Front de libération du Québec veut l’indépendance totale des Québécois, réunis dans une société libre et purgée à jamais de sa clique de requins voraces, les « big boss » patroneux et leurs valets qui ont fait du Québec leur chasse gardée du cheap labor et de l’exploitation sans scrupule.

Le Front de libération du Québec n’est pas un mouvement d’agression, mais la réponse à une agression, celle organisée par la haute finance par l’entremise des marionnettes des gouvernements fédéral et provincial (le show de la Brinks, le bill 63, la carte électorale, la taxe dite de « progrès social », Power Corporation, l’assurance-médecins, les gars de Lapalme…).

Le Front de libération du Québec s’autofinance d’impôts volontaires prélevés à même les entreprises d’exploitation des ouvriers (banques, compagnies de finance, etc.).

« Les puissances d’argent du statu quo, la plupart des tuteurs traditionnels de notre peuple, ont obtenu la réaction qu’ils espéraient, le recul plutôt qu’un changement pour lequel nous avons travaillé comme jamais; pour lequel on va continuer à travailler. » – René Lévesque, 29 avril 1970.

La « democracy » des riches

Nous avons cru un moment qu’il valait la peine de canaliser nos énergies, nos impatiences comme le dit si bien René Lévesque, dans le Parti Québécois, mais la victoire libérale montre bien que ce qu’on appelle démocratie au Québec n’est en fait et depuis toujours que la « democracy » des riches. La victoire du Parti libéral en ce sens n’est en fait que la victoire des faiseurs d’élections Simard-Cotroni. En conséquence, le parlementarisme britannique, c’est bien fini et le Front de libération du Québec ne se laissera jamais distraire par les miettes électorales que les capitalistes anglo-saxons lancent dans la basse-cour québécoise tous les quatre ans. Nombre de Québécois ont compris et ils vont agir. Bourassa dans l’année qui vient va prendre de la maturité: 100 000 travailleurs révolutionnaires organisés et armés !

Oui, il y en a des raisons à la victoire libérale. Oui, il y en a des raisons à la pauvreté, au chômage, aux taudis, au fait que vous M. Bergeron de la rue Visitation et aussi vous M. Legendre de Ville de Laval, qui gagnez 10 000 dollars par année, vous ne vous sentiez pas libres en notre pays le Québec.

Oui, il y en a des raisons, et les gars de la Lord les connaissent, les pêcheurs de la Gaspésie, les travailleurs de la Côte-Nord, les mineurs de la Iron Ore, de Québec Cartier Mining, de la Noranda les connaissent eux aussi ces raisons. Et les braves travailleurs de Cabano que l’on a tenté de fourrer une fois de plus en savent des tas de raisons.

Les « vaisseaux d’or »

Oui, il y en a des raisons pour que vous, M. Tremblay de la rue Panet et vous, M. Cloutier qui travaillez dans la construction à Saint-Jérôme vous ne puissiez vous payer des « vaisseaux d’or » avec de la belle zizique et tout le fling flang comme l’a fait Drapeau l’aristocrate, celui qui se préoccupe tellement des taudis qu’il a fait placer des panneaux de couleurs devant ceux-ci pour ne pas que les riches touristes voient notre misère.

Oui, il y en a des raisons pour que vous Madame Lemay de Saint-Hyacinthe vous ne puissiez vous payer des petits voyages en Floride comme le font avec notre argent tous les sales juges et députés.

Les braves travailleurs de la Vickers et ceux de la Davie Ship les savent ces raisons, eux à qui l’on n’a donné aucune raison pour les crisser à la porte. Et les gars de Murdochville que l’on a écrasés pour la seule et unique raison qu’ils voulaient se syndiquer et à qui les sales juges ont fait payer plus de deux millions de dollars parce qu’ils avaient voulu exercer ce droit élémentaire. Les gars de Murdochville la connaissent la justice et ils en connaissent des tas de raisons.

Oui, il y en a des raisons pour que vous, M. Lachance de la rue Sainte-Marguerite vous alliez noyer votre désespoir, votre rancœur et votre rage dans la bière du chien à Molson. Et toi, Lachance fils avec tes cigarettes de mari… Des tas de raisons oui, il y en a des raisons pour que vous, les assistés sociaux, on vous tienne de génération en génération sur le bien-être social. Il y en a des tas de raisons, les travailleurs de la Domtar à Windsor et à East Angus les savent. Et les travailleurs de la Squibb et de la Ayers et les gars de la Régie des Alcools et ceux de la Seven-Up et de Victoria Precision, et les cols bleus de Laval et de Montréal et les gars de Lapalme en savent des tas de raisons.

Les travailleurs de Dupont of Canada en savent eux aussi, même si bientôt ils ne pourront que les donner en anglais (ainsi assimilés, ils iront grossir le nombre des immigrants, néo-québécois, enfants chéris du bill 63).

Et les policiers de Montréal auraient dû les comprendre ces raisons, eux qui sont les bras du système; ils auraient dû s’apercevoir que nous vivons dans une société terrorisée parce que sans leur force, sans leur violence, plus rien ne fonctionnait le 7 octobre !

Le fédéralisme « canadian »

Nous en avons soupé du fédéralisme canadien qui pénalise les producteurs laitiers du Québec pour satisfaire aux besoins anglo-saxons du Commonwealth; qui maintient les braves chauffeurs de taxi de Montréal dans un état de demi-esclaves en protégeant honteusement le monopole exclusif à l’écœurant Murray Hill et de son propriétaire assassin Charles Hershorn et de son fils Paul qui, à maintes reprises, le soir du 7 octobre, arracha des mains de ses employés le fusil de calibre 12 pour tirer sur les chauffeurs et blesser ainsi mortellement le caporal Dumas, tué en tant que manifestant ; qui pratique une politique insensée des importations en jetant un à un dans la rue des petits salariés des textiles et de la chaussure, les plus bafoués au Québec, aux profits d’une poignée de maudits « money makers » roulant en Cadillac; qui classe la nation québécoise au rang des minorités ethniques du Canada.

Nous en avons soupé, et de plus en plus de Québécois également, d’un gouvernement de mitaines qui fait mille et une acrobaties pour charmer les millionnaires américains en les suppliant de venir investir au Québec, « la Belle Province », où des milliers de milles carrés de forêts remplies de gibier et de lacs poissonneux sont la propriété exclusive de ces mêmes Seigneurs tout-puissants du XXe siècle;

Les blindés de la Brinks

D’un hypocrite à la Bourassa qui s’appuie sur les blindés de la Brinks, véritable symbole de l’occupation étrangère au Québec, pour tenir les pauvres « natives » québécois dans la peur de la misère et du chômage auxquels nous sommes tant habitués;

De nos impôts que l’envoyé d’Ottawa au Québec veut donner aux boss anglophones pour les « inciter », ma chère, à parler français, à négocier en français : repeat after me: « cheap labor means main-d’œuvre à bon marché ».

Des promesses de travail et de prospérité, alors que nous serons toujours les serviteurs assidus et les lèche-bottes des big shot, tant qu’il y aura des Westmount, des Town of Mount-Royal, des Hampstead, des Outremont, tous ces véritables châteaux forts de la haute finance de la rue Saint-Jacques de la Wall Street, tant que nous tous, Québécois, n’aurons pas chassé par tous les moyens, y compris la dynamite et les armes, ces big boss de l’économie et de la politique, prêts à toutes les bassesses pour mieux nous fourrer.

Nous vivons dans une société d’esclaves terrorisés, terrorisés par les grands patrons, Steinberg, Clark, Bronfman, Smith, Neapole, Timmins, Geoffrion, L. Lévesque, Hershorn, Thompson, Nesbitt, Desmarais, Kierans (à coté de ça, Remi Popol la garcette, Drapeau le dog, Bourassa le serin des Simard, Trudeau la tapette, c’est des peanuts).

Les grands maîtres de la consommation

Terrorisés par l’église capitaliste romaine, même si ça parait de moins en moins (à qui appartient la Place de la Bourse ?), par les paiements à rembourser à la Household Finance, par la publicité des grands maîtres de la consommation Eaton, Simpson, Morgan, Steinberg, General Motors…;

Terrorisés par les lieux fermes de la science et de la culture que sont les universités et par leurs singes-directeurs Gaudry et Dorais et par le sous-singe Robert Shaw. Nous sommes de plus en plus nombreux à connaître et à subir cette société terroriste et le jour s’en vient où tous les Westmount du Québec disparaîtront de la carte.

Travailleurs de la production, des mines et des forêts; travailleurs des services, enseignants et étudiants, chômeurs, prenez ce qui vous appartient, votre travail, votre production et votre liberté. Et vous, les travailleurs de la General Electric, c’est vous qui faites fonctionner vos usines; vous seuls êtes capables de produire; sans vous, General Electric n’est rien !

Travailleurs du Québec, commencez dès aujourd’hui à reprendre ce qui vous appartient; prenez vous-mêmes ce qui est à vous. Vous seuls connaissez vos usines, vos machines, vos hôtels, vos universités, vos syndicats; n’attendez pas d’organisation miracle.

Faites votre révolution

Faites vous-mêmes votre révolution dans vos quartiers, dans vos milieux de travail. Et si vous ne la faites pas vous-mêmes, d’autres usurpateurs technocrates ou autres remplaceront la poignée de fumeurs de cigares que nous connaissons maintenant et tout sera à refaire. Vous seuls êtes capables de bâtir une société libre.

Il nous faut lutter, non plus un à un, mais en s’unissant, jusqu’à la victoire, avec tous les moyens que l’on possède comme l’ont fait les patriotes de 1837-1838 (ceux que Notre sainte mère l’Eglise s’est empressée d’excommunier pour mieux se vendre aux intérêts britanniques).

Qu’aux quatre coins du Québec, ceux qu’on a osé traiter avec dédain de lousy French et d’alcooliques entreprennent vigoureusement le combat contre les matraqueurs de la liberté et de la justice et mettent hors d’état de nuire tous ces professionnels du hold-up et de l’escroquerie: banquiers, businessmen, juges et politicailleurs vendus.

Nous sommes des travailleurs québécois et nous irons jusqu’au bout. Nous voulons remplacer avec toute la population cette société d’esclaves par une société libre, fonctionnant d’elle-même et pour elle-même, une société ouverte sur le monde.

Notre lutte ne peut être que victorieuse. On ne tient pas longtemps dans la misère et le mépris un peuple en réveil.

Vive le Québec libre !

Vive les camarades prisonniers politiques !

Vive la révolution québécoise !

Vive le Front de libération du Québec !

Questions

  1. Pour mieux comprendre le manifeste du FLQ, assurez-vous de savoir qui étaient les principales personnes qui y sont nommées, à savoir: René Lévesques, Les patriotes, (Robert) Bourassa, (Jean) Drapeau, (Pierre Eliot)Trudeau.
  2. Quelle situation le FLQ dénonce-t-il dans son manifeste ?
  3. Identifier des passages du manifeste qui réfère à une discrimination spécifique des Québécois au Canada. Sur quoi porte cette discrimination selon les auteurs du Manifeste ?
  4. À quelles valeurs le manifeste fait-il appel ? Donnez une courte citation pour appuyer votre réponse.
  5. Y a-t-il dans ce manifeste un appel explicite à la violence ? Si oui, donnez une citation à l’appui de votre réponse.
  6. Y a-t-il dans ce manifeste un appel implicite à la violence ? Si oui, donnez une courte citation à l’appui de votre réponse.
  7. Le Front de libération du Québec n’est pas un mouvement d’agression, mais la réponse à une agression, celle organisée par la haute finance par l’entremise des marionnettes des gouvernements fédéral et provincial (…) Cette citation du manifeste affirme que le FLQ ne fait que répondre à la violence par une autre forme de violence. Que pensez-vous d’une telle justification ? Le dicton « œil pour œil dent pour dent »[1] est-il moralement justifiable selon vous ?
  8. Quel jugement les auteurs du manifeste portent-ils sur la démocratie ? Cette critique est-elle justifiée à vos yeux ?

La culture québécoise et le FLQ

Le Québec est une nation minoritaire au Canada. Plusieurs Québécois de cette époque considéraient qu’ils étaient discriminés au sein d’une fédération canadienne dominée par une nation canadienne-anglaise majoritaire. La culture québécoise témoigne de diverses manières de ces sentiments d’oppression national et de discrimination.

Bozos les culottes

Une chanson de Raymond Lévesques, Bozo les culottes (1969), préfigure la crise d’octobre 1970.

Unknown

Raymond Lévesque et Pauline Julien se sont portés à la défense de la nation québécoise dans leurs chansons.

Écouter la chanson de Raymond Lévesque

Il flottait dans son pantalon
De là lui venait son surnom
Bozo-les-culottes

Il avait qu’une cinquième année
Il savait à peine compter
Bozo-les-culottes

Comme il baragouinait l’anglais
Comme gardien de nuit il travaillait
Bozo-les-culottes

Même s’il était un peu dingue
Il avait compris qu’ faut être bilingue
Bozo-les-culottes

Un jour quelqu’un lui avait dit
Qu’on l’exploitait dans son pays
Bozo-les-culottes

Qu’ les Anglais avaient les bonnes places
Et qu’ils lui riaient en pleine face
Bozo-les-culottes

Il a pas cherché à connaître
Le vrai fond de toute cette affaire
Bozo-les-culottes

Si son élite, si son clergé
Depuis toujours l’avaient trompé
Bozo-les-culottes

Y’a volé de la dynamite
Puis dans un quartier plein d’hypocrites
Bozo-les-culottes

Il a fait sauter un monument
À la mémoire des conquérants
Bozo-les-culottes

Tout le pays s’est réveillé
Et puis la police l’a pogné
Bozo-les-culottes

On l’a vite entré en-dedans
On l’a oublié depuis ce temps
Bozo-les-culottes

Mais depuis que tu t’es fâché
Dans le pays ç’a ben changé
Bozo-les-culottes

Nos politiciens à-gogo
Font les braves, font les farauds
Bozo-les-culottes

Ils réclament enfin tes droits
Et puis les autres refusent pas
Bozo-les-culottes

De peur qu’y en ait d’autres comme toé
Qui aient le goût de r’commencer
Bozo-les-culottes

Quand tu sortiras de prison
Personne voudra savoir ton nom
Bozo-les-culottes

Quand on est d’la race des pionniers
On est fait pour être oublié
Bozo-les-culottes
Bozo-les-culottes

Raymond Lévesques, 1969

Questions

  1. Comment l’auteur présente-il la situation sociale et économique des Québécois à travers son personnage de Bozo les culottes ?
  2. Comment la nation canadienne anglaise est-elle présentée ?
  3. Dans cette chanson, le recours à la violence est-il justifié ? Expliquer.

 

Le film Corbo

Dans le film Corbo, Anthony Therrien joue le rôle de Jean Corbo, jeune adolescent de 16 ans, mort en posant une bombe pour le FLQ le 14 juillet 1966.

En guise, d’introduction :

Questions

Pour mieux comprendre cette bande-annonce, faites une petite recherche sur les termes suivants : Mouvement de libération populaire (MLP), Lagrenade, La Cognée.

  1. De quel milieu social vient le jeune Jean Corbo ?
  2. Comment Jean Corbo prend-il connaissance du MLP associé au FLQ ?
  3. La bande-annonce du film s’amorce avec cette affirmation: La violence ce n’est pas un choix qu’on fait, c’est la seule option qu’on a. Un militant affirme que les gens commencent à comprendre que ça ne mène à rien la politique. Quelles perceptions ces jeunes ont-ils de la démocratie ? Selon vous, peut-on en conclure que la perte de confiance en la démocratie ouvre la porte à l’action politique violente ?
  4. Existe-t-il des contextes où la violence est nécessaire en démocratie ?

Le commentaire du réalisateur, Mathieu Denis

Questions

  1. Mathieu Denis, constate que toutes les archives juridiques associées au FLQ ont été détruites au ministère de la Justice. Le réalisateur déplore le peu d’importance que nos institutions accordent à conserver les traces de notre passé. Pour votre part, avant de vous engager dans ce travail, aviez-vous déjà entendu parler de Jean Corbo ? Du FLQ ? Qu’est-ce que peut apporter la connaissance de notre histoire au développement de notre société démocratique ?
  2. Le réalisateur fait un lien entre la radicalisation de Jean Corbo et la crise identitaire que vivait le Québec à cette époque. La discrimination et le racisme auraient joué un rôle dans le cheminement de cet adolescent. Mathieu Denis fait un lien avec le Québec d’aujourd’hui dont le malaise identitaire est palpable selon lui. Pour votre part, croyez-vous que le sentiment d’être discriminé, d’être l’objet de propos racistes, d’exclusion sociale, peut favoriser la radicalisation de certains jeunes ? Justifiez votre réponse.

[1].    Cette expression provient de la « Loi du Talion », qui apparaît en 1730 av. J.-C. dans le code d’Hammourabi, alors roi de Babylone. Cette loi incitait à la vengeance individuelle, à condition que la peine soit identique au crime commis.



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