Exposé: des théories du complot qui attisent la violence

Pour qui fréquente les médias sociaux, et en particulier Youtube, il est facile de constater que le nombre de théories du complot, sur presque tous les sujets d’actualité (ou historiques), est en augmentation vertigineuse. Plusieurs sont manifestement des blagues à grand déploiement dont les auteurs rigolent à la vue des internautes qui partagent, «likent» ou commentent leurs créations. D’autres par contre sont clairement ciblées pour convaincre, par des auteurs qui sont eux-mêmes convaincus d’avoir touché à une «vérité cachée». Par exemple, il n’y a aucun attentat terroriste récent qui ne soit pas l’objet d’une interprétation «alternative» sur Youtube.

Pourquoi aime-t-on les théories conspirationnistes?

Pour le visiteur/consommateur d’items conspirationnistes, ses motifs peuvent être hautement variables:

  • Il y a définitivement un côté involontairement amusant à visionner des vidéos qui expliquent qu’on n’a jamais marché sur la lune, que la terre est plate ou que des lézards extraterrestres contrôlent la planète en prenant la place de nos dirigeants et de nos élites.reptilien
  • Plusieurs fois les médias traditionnels ont colporté des faussetés qui visaient à couvrir les actions controversées de gouvernements. Par exemple, le cas des incubateurs de pouponnière vidés par les méchants soldats de Saddam Hussein ou les armes chimiques imaginaires — encore de Saddam.
  • Les profondes lacunes des médias ont également donné lieu à des révélations spectaculaires. Par exemple, le manque d’attention à la montée des technologies de surveillance a fait que le monde entier (sauf les experts) est tombé des nues lors des révélations d’Edward Snowden au sujet de l’appareil de surveillance des communications de la National Security Agency (NSA).
  • Les gouvernements, à tort ou à raison, mènent plusieurs de leurs activités sous le couvert de la confidentialité. En d’autres mots, oui, «on nous cache des choses». Il est vrai que la CIA a illégalement orchestré des changements de gouvernements (entre autres, au Chili) ou tenté d’assassiner des leaders étrangers (Fidel Castro, entre autres; notez que dans l’article en lien on utilise le chiffre de 638 tentatives de la CIA contre Castro, qui est le chiffre offert par l’entourage de Castro… donc certainement surévalué. Un autre exemple de travail incomplet des médias!). D’autres activités cachées sont moins douteuses et ne pourraient continuer si elles étaient publiques (entre autres, si on révélait aux criminels qu’on fait enquête sur eux et comment) mais souvent le simple secret les rends suspectes.
  • Enfin, dans les démocraties modernes une forte proportion de la population a perdu confiance en ses gouvernements. Les citoyens surévaluent systématiquement le niveau de corruption, de dysfonctionnement et d’inefficacité des gouvernements. Le résultat est que pour plusieurs il suffit qu’une information provienne du gouvernement pour démontrer, en soi, qu’elle est fausse. Par conséquent toute explication ou révélation contradictoire est accueillie comme davantage digne de confiance, même lorsqu’elle provient du fin fond du web et est colportée sans la moindre vérification.
  • Enfin, il y a une fébrilité, un sentiment d’être touché par une révélation privilégiée, quasi religieuse lorsqu’on prend connaissance d’une théorie qui présente une réalité simple, facilement expliquée par la soif de pouvoir ou d’argent (dans laquelle on peut se reconnaître) d’un petit nombre de personnes. Pour plusieurs ceci remplace avantageusement, même s’il s’agit d’un portrait sombre et souvent effrayant, la nécessité de réfléchir à des faits et événements en nombre incalculable, avec plusieurs qui sont dus au pur hasard, et dont la signification est souvent d’apparence contradictoire.

Le problème ne se limite pas au fait qu’une population grandissante est dupe des plus folles théories conspirationnistes, ce qui fait d’eux des citoyens généralement mal informés. Faisons trois catégories de théories du complot:

  1. la première est sans grande conséquence. Par exemple, si on n’a pas marché sur la lune, cette révélation exagère peut-être encore un peu votre méfiance envers les gouvernements, que vous croyez maintenant capables de monter une telle arnaque. Au-delà, peu de conséquences.
  2. les conspirations qui portent à conséquence directe, mais limitée. Par exemple, durant la campagne présidentielle récente aux ÉUA une théorie voulant qu’Hilary Clinton dirige un réseau de pédophiles depuis une pizzeria de Washington devint virale sur Facebook (c’est le fameux pizzagate). Au point qu’un citoyen menant sa propre «enquête» sur le sujet déchargea son arme dans la pizzeria en question (sans faire de blessés heureusement). Dans cette catégorie on peut placer les sites anti-vaccination qui reposent sur des complots pharmaceutiques.
  3. les conspirations qui inspirent ou encouragent directement la violence contre des populations entières.

De toute évidence c’est la troisième catégorie qui nous intéresse le plus dans ce forum. Ici il n’est pas simplement question de citoyens mal équipés pour faire face à la réalité mais bien de populations qui sont prêtes à approuver, voire à réclamer que des mesures extrêmes et non discriminées soient adoptées contre des «ennemis» à l’étranger ou pire, à la maison. En voici trois exemples.

Le 9-11 était un inside job

De notre point de vue occidental les théories complotistes visant les attaques du 11 septembre 2001 menacent surtout la confiance que nous avons dans nos gouvernements. Mais du point de vue de l’ancien président Iranien Mahmoud Ahmadinejad, la CIA aurait orchestré les attaques pour lancer l’opprobre sur le monde musulman et légitimer des attaques et des invasions. Après un discours à l’ONU exposant ce point de vue Ahmadinejad c’est même fait enjoindre par al Qaïada à la Péninsule arabique (AQPA) d’arrêter de colporter des faussetés au sujet de l’attaque terroriste la plus célèbre de l’histoire.

En fait le but d’Ahmadinejad a toujours été de renforcer l’opinion publique iranienne au sujet du «grand satan» que sont les États-Unis et les pays alignés et, pourquoi pas, l’Ouest en général. Chose particulièrement intéressante, les pires éléments islamophobes américains d’extrême-droite utilisent exactement la même conspiration que leur ennemi iranien. Dans ce cas ce n’est pas pour dédouaner l’équipe de pirates de l’air qui avait clamé agir au nom de l’islam, bien évidemment, mais plutôt pour accuser le gouvernement de tromper le peuple, de détourner l’attention de l’invasion musulmane secrète des États-Unis en pointant le doigt vers un ennemi extérieur et d’ampleur limitée — al Qaida, qui en plus a été financé et renforcé, pour ne pas dire créé par la CIA durant la guerre contre les Soviétiques en Afghanistan (durant les années 1980). D’ailleurs, cette invasion musulmane est si avancée que même le président (sortant) Barack Hussein Obama, lui-même secrètement musulman, était un agent des Frères musulmans (un groupe islamiste Égyptien) qui avait pour mission d’imposer la sharia (la loi islamique) au le peuple américain.

Bref, ces narratifs délirants ont le même but: identifier une population ennemie et dangereuse. Et plus le danger est grand et/ou proche, plus des mesures extrêmes de «protection» sont justifiées.

Le foisonnement de théories sur le 11 septembre est tel qu’il est impossible d’en faire un inventaire complet, et encore moins d’y répondre — ce sur quoi comptent beaucoup les conspirationnistes d’ailleurs. Les principales sont:

  • complot minimaliste: la CIA et peut-être la présidence étaient au courant de ce que tramaient ben Laden et ses acolytes, mais n’ont rien fait pour pouvoir profiter de l’opportunité de déclencher une série d’actions visant à consolider les intérêts géopolitiques des États-Unis. Cette théorie n’ajoute que très peu à la réalité, et est donc à la fois plus rationnelle et plus difficile à démonter. Par contre aucune preuve qui la soutienne n’existe. Il s’agit d’une théorie ad hoc accrochée aux faits connus mais qui ajoute peu à leur compréhension, même si elle donne à son adepte la satisfaction d’avoir déjoué les entourloupes du renseignement étatsunien…
  • complots moyens: la CIA, peut-être la présidence, peut-être le pentagone, ont fourni toute l’assistance nécessaire au groupe ben Laden pour lancer son attaque, en plus de lui permettre de la préparer en sol américain (et de monter dans les avions) sans être inquiété par le FBI. Cette théorie découle du fait que le FBI semble avoir été passablement négligent dans sa manière de faire enquête et de «connecter les points» comme on l’a dit à l’époque, c’est à dire que les informations dont il disposait aurait du laisser entrevoir qu’une attaque se dessinait à l’horizon. La théorie du complot vise donc à remplacer l’incompétence par un plan délibéré. Il n’y a aucune autre preuve que l’affirmation voulant que le FBI ait été inhabituellement dépassé par les événements. À bien y regarder, en fait, les cas où le FBI a été complètement incompétent, de manière avérée et documentée, sont multiples (googlez «FBI mistakes»!).
  • complots extrêmes: dans ces cas l’attaque est commise au grand complet par la CIA ou des contracteurs engagés. Les avions sont téléguidés; celui qui touche le Pentagone est en fait un missile lancé d’un croiseur de l’US Navy baignant dans la baie de Chesapeake non loin de Washington; les tours s’effondrent suite à une démolition contrôlée comme on en voit souvent à la télé — surtout la fameuse «Tour 7», qui s’écroule sans être touchée directement par un des avions (on «oublie» de noter qu’une des tours s’est écroulée dessus, grugeant ses fondations!). D’ailleurs les Juifs et/ou les Saoudiens (selon la théorie) sont avertis d’avance de fuir afin d’échapper à l’attaque ou aux représailles. La CIA cachait un trésor dans les tours. Et ainsi de suite.

Les preuves de ces théories sont complètement hors de proportion: plus la théorie est extrême, moins sa preuve est solide. Les tours ont été démolies professionnellement? La seule preuve est l’apparence de l’écroulement; on a trouvé aucun des détonateurs, pas un centimètre des kilomètres de câblage nécessaire à relier les explosifs; personne n’a vu des ouvriers mettre à nu des colonnes de soutien pour y coller des explosifs, travail qui prend d’habitude des milliers d’heures. Un missile tiré d’un croiseur? Des centaines de personnes seraient au courant, personne n’a parlé. Des pièces d’avion auraient dû être transportées sur place pour s’y trouver sur les photos. Quelqu’un a du couper quelques lampadaires sur le trajet du missile pour faire croie à un gabarit plus large. Eh bien non. Rien de tout ça.

Pour aller plus en profondeur, ce site repasse toutes les affirmations d’un film célèbre sur le 11 septembre, Loose Change.

Eurabia

L’Eurabia est un pacte entre les élites européennes, françaises en particulier, et la Ligue arabe qui aurait eu lieu en 1970. La théorie elle-même date de 2000, moment ou Bat Ye’or publie son ouvrage, The Euro-Arab Axis. l’«Axe» dans le titre fait clairement référence au pacte Allemagne-Italie-Japon (dits, pays de l’Axe) qui combattit les Alliés durant la seconde guerre mondiale. C’est donc de dénoncer un complot maléfique et une menace existentielle pour le monde occidental, qui consiste à donner l’Europe en pâture au monde arabe-musulman – le bloc ainsi formé pourrait ensuite détruire Israël et les États-Unis. C’est tout à fait dans la note de la notion de «conflit de civilisations» qui réduit la planète à deux grandes puissances, l’Occident et le monde musulman, qui sont vouées à combattre jusqu’à la disparition de l’un ou de l’autre – avec en prime la conviction évidente que l’Occident représente le Bien et l’islam, le Mal.

C’est une théorie qui a pesé lourd dans les élucubrations philosophico-politiques d’Anders Breivik, tueur de masse qui s’attaqua au Parti travailliste (progressiste) norvégien sous prétexte qu’il ne protégeait pas suffisamment la nation contre l’invasion islamique. À coups de bombes et d’armes légères Breivik réussit à tuer 77 personnes et à en blesser plus de 150, le 22 juillet 2011.

Mis à part l’union géopolitique, l’Eurabia c’est aussi un complot démographique: le plan serait ‘idée est d’augmenter l’immigration musulmane en Europe jusqu’à un mythique «point de bascule» où la société d’accueil serait irrésistiblement livrée en pâture au droit, à la culture et à la religion musulmane, même si les musulmans sont en minorité! Sauf que pour le moment aucun fait ne soutien cette théorie. De plus, bien qu’on en surestime presque toujours l’importance, les populations musulmanes dans les pays occidentaux restent extrêmement minoritaires.

En fait Eurabia a bel et bien existé. Il s’agit d’une association étudiante de Rotterdam qui visait à rapprocher les étudiants européens et arabes.

Holocauste et négationnisme

Dès la fin de la seconde guerre mondiale les histoires alternatives où le massacre de 6 millions de Juifs n’a jamais eu lieu commencent à se répandre. Il faut dire que depuis des siècles les théories les plus outrancières sur les Juifs sont un des fondements de l’antisémitisme européen, puis occidental. Par exemple le Protocole des sages de Sion, concocté par la police secrète du Tsar en 1901 et rapidement très populaire (l’industriel Henry Ford en fait imprimer une édition spéciale de 500 000 exemplaires dans les années 1920). Le Protocole décrit un complot international qui place des Juifs à des postes clés pour assurer la domination du monde par les Juifs (ce qui ressemble comme deux gouttes d’eau aux complots contemporains au sujet des Musulmans…).

Adolf Hitler s’en inspire au milieu des années 1920, alors qu’il est en prison pour avoir tenté de renverser le gouvernement. Il y rédige son fameux livre, Mon Combat (Mein Kampf), dans lequel il explique qu’à la fois de capitalisme et le communisme sont des inventions de la «juiverie internationale» pour dominer le monde et détruire la culture européenne (et en particulier allemande). Plus tard, son gouvernement entreprendra de massacrer tous les Juifs d’Europe (11 à 14 millions) sous le couvert de la 2e Guerre mondiale, à partir de 1941. Ce qu’on appelle l’Holocauste c’est l’organisation massive de la déportation des Juifs à partir des lieux où ils résident en Allemagne, en Pologne et ailleurs en Europe, vers des camps d’extermination disséminés sur le territoire. À l’arrivée aux camps, les femmes, enfants et vieillards sont immédiatement étiquetés pour «traitement spécial», c’est à dire extermination à l’aide de doses massives d’insecticide (le Zyclon) ou de gaz d’échappement (des moteurs rejettent leurs gaz dans une pièce, ou des camions sont modifiés pour que les gaz soient dirigés vers le fourgon où sont entassées les victimes (on a aussi fait un angle dans le plancher et placé un drain au centre pour faciliter le nettoyage). Les hommes seront mis au travail jusqu’à ce qu’ils meurent à cause des conditions extrêmes. D’autres sont tués par des militaires ou des escadrons de la mort (Einsatzgruppen, «groupes opérationnels») qui parcourent le front de l’Est en URSS (ils massacreront à eux seuls près de 2 millions de personnes – qu’on peut facilement compter parce que les Einsatzgruppen envoyaient systématiquement à Berlin des rapports d’activités détaillés). À la fin de la guerre, alors que les transports ferroviaires sont devenus impossibles, on fera marcher des colonnes interminables de détenus jusqu’à ce qu’ils meurent de soif, de froid ou d’exténuation au bord de la route.

Le déni de l’Holocauste cherche à dédouaner le 3e Reich et son état-major de la destruction des Juifs d’Europe. Il y a plusieurs théories alternatives:

  • Théorie «maximale»: aucun Juif n’a été inquiété. L’Holocauste est un complot visant à extorquer à l’Allemagne un dédommagement coûteux qui servira à développer Israël. Les chambres à gaz ne servaient qu’à épouiller les détenus à l’arrivée; les camps d’extermination, dont Auschwitz, étaient tout simplement des campus industriels où on faisait travailler des prisonniers de guerre et quelques Juifs qui s’étaient rendus coupables de crimes contre le Reich (il est vrai qu’une large portion d’Auschwitz, qui était aussi grand qu’une ville, comportait des installations industrielles où les prisonniers étaient réduits à l’esclavage).
  • Théories «moyennes»: les Juifs Allemands ont été expulsé d’Allemagne, entre autres avec le stratagème inventé par Adolf Eichmann qui réglait la paperasse d’expulsion et confisquait aux Juifs leur patrimoine dans une sorte de travail à la chaîne bureaucratique. Ils n’ont toutefois pas été tués.
  • Théorie minimale: des Juifs sont bien morts dans des camps d’internement, mais accidentellement, suite à des maladies comme le typhus. Ils avaient été envoyés dans ces camps tout simplement parce qu’ils étaient potentiellement dangereux pour l’Allemagne en temps de guerre — tout comme les États-Unis et le Canada ont interné leur population d’origine japonaise respective quand la guerre s’est étendue au Japon. De plus, s’ils ont été si vulnérables aux maladies, c’est bien parce que les bombardements des Alliés avaient détruit les infrastructures de ravitaillement en nourriture et en médicaments.

Ces théories persistent, comme toutes les théories du complot, parce que des inconnues subsistent dans la description du système d’extermination. Ceci est en partie dû au fait que les soldats nazis et leurs supérieurs, au moment où la guerre tirait à sa fin, se sont employés à détruire une partie des preuves, en particulier des installations les plus clairement utilisées pour l’extermination.

Au Canada, le professeur James Keegstra fut condamné en 1984 pour avoir tenu un discours haineux envers les Juifs en insistant pour enseigner à ses élèves que l’Holocauste était une invention de Juifs manipulateurs pour obtenir un ascendant sur les populations européennes en leur faisant porter le fardeau de la culpabilité d’avoir collaboré avec les nazis. Ernst Zundel fut arrêté aux États-Unis après avoir remporté deux procès au Canada pour propagande haineuse via son site «zundelsite». Renvoyé au Canada, il fut finalement extradé vers l’Allemagne pour y subir un procès pour déni de l’Holocauste en 2005. Il y fut incarcéré jusqu’en 2010.

Ces théories sont bien sûr au centre du discours néonazi et autres extrêmes-droites, qui ont traditionnellement carburé à l’antisémitisme et aux complots de la «juiverie internationale» qui selon eux contrôle les banques, le domaine artistique qu’elle utilise pour leur propagande, les Nations Unies, etc. Fait intéressant, encore une fois ces théories se retrouvent aussi dans le discours de certains extrémistes islamistes qui les utilisent pour dénoncer Israël, qu’ils conçoivent comme le résultat d’une arnaque historique visant à extorquer le soutien de l’Occident à l’invasion de la Palestine par les Juifs.



Catégories :2016-2017: Médias, propagande et radicalisation, Exposés

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